Le numéro 72.3 de la revue Documentation et bibliothèques

Le rôle social des milieux documentaires n’est plus à démontrer. Depuis le début des années 2000, de nombreuses publications ont analysé cette dimension. Toutefois, les transformations sociales récentes ont été si rapides et profondes qu’il devient nécessaire de revisiter la question.

De nouveaux besoins ont émergé, auxquels les milieux documentaires sont appelés à répondre. De nouvelles problématiques se sont également imposées : désinformation, manipulation et trucage de contenus numériques, plagiat, censure et surcharge informationnelle, pour ne nommer
que celles-là.

Par ailleurs, les publics se diversifient et se transforment. Les usagères et usagers à distance sont plus nombreux, tout comme les personnes issues de l’immigration et les étudiantes et étudiants internationaux au sein des institutions d’enseignement. On observe aussi une fréquentation accrue de publics en situation de vulnérabilité : personnes en situation d’itinérance, individus en quête d’inclusion, personnes vivant avec un handicap (par exemple des troubles du spectre de l’autisme), personnes en situation d’analphabétisme ou confrontées à l’isolement social, voire à des problématiques de santé mentale. Ces réalités exigent des approches adaptées, parfois la mise en place d’espaces et de services particuliers.

Dans ce contexte, le travail en milieu documentaire s’est considérablement complexifié. Comme le souligne Thierry Ermakoff dans son analyse du « rôle social » des bibliothèques, les pratiques professionnelles sont profondément bousculées. Autrefois, la bibliothèque s’adressait principalement à un public déjà familiarisé avec ses codes ; les catalogues pouvaient sembler hermétiques, les espaces peu conviviaux, les horaires limités, et les collections presque exclusivement composées de livres. Aujourd’hui, cette conception apparaît largement dépassée.

Les milieux documentaires doivent donc s’interroger sur ces mutations et innover pour répondre à une pluralité croissante de besoins. C’est dans ce contexte que nous avons lancé l’appel à communications pour ce numéro de Documentation et bibliothèques. Quatre articles ont été retenus. Le premier est le résultat d’une recherche effectuée autour de bibliothèques finlandaises, dont la célèbre Oodi dont on parle beaucoup actuellement. Le deuxième amène une réflexion sur le concept de neutralité si cher aux milieux documentaires. Et les deux autres nous éclairent sur le rôle des milieux documentaires face à certaines situations où il nous faudrait être plus présents.

Bonne lecture !

La version électronique est en cours d’envoi aux membres et abonné·e·s.
La version papier a été postée. Membres et abonné·e·s la recevront sous peu.
Le numéro sera bientôt disponible sur Érudit.

Pour se procurer le numéro ou s’abonner
Pour consulter le sommaire