Historique

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L’Association pour l’avancement des sciences et des techniques de la documentation (ASTED) a été incorporée le 1er novembre 1973. Mais cette redéfinition constituait, en fait, une nouvelle étape d’une longue évolution de la vie associative des spécialistes francophones de la documentation. Cette évolution elle-même est largement marquée par les mutations survenues dans notre profession depuis les années ’40. Tous les changements de noms, d’incorporation, de constitutions, voire de buts et d’objectifs, ne suivaient ni caprices ni modes. Ils concordaient avec une société qui elle-même se modifiait. Bien ancrée dans la société québécoise et canadienne, notre profession progressait au même rythme.

Depuis la création de l’association en 1973, plusieurs personnes ont occupé successivement le poste de président ou de présidente.

Un grand nombre de professionnels significatifs pour le développement de la profession ont, un jour ou l’autre, fait partie de l’organisation. L’ASTED reconnaît leur contribution à titre de membres honoraires.

1943 : L’Association catholique des bibliothèques d’institutions (ACBL)

La première tentative de réunir en association les bibliothécaires franco-canadiens remonte à 1943. Elle est due à l’initiative de madame Marie-Claire Daveluy, du Père Paul-Aimé Martin, c.s.c. et du Père Paul-Albert Trudeau, c.s.v. « La première association des bibliothécaires de langue française » a été fondée le 11 novembre 1943. Elle s’appelait l’Association catholique des bibliothèques d’institutions, l’ACBL. Le premier président en fut le Père Martin, le même qui avait fondé les Éditions Fides quelques années auparavant et qui avait activement collaboré à la fondation de l’École des bibliothécaires de l’Université de Montréal.

1945 : L’Association canadienne des bibliothèques catholiques (ACBC)

Le second président fut le Père Roméo Boileau c.s.c. C’est sous son règne que l’Association changea son nom. La première association souhaitait regrouper les bibliothèques et les bibliothécaires des communautés religieuses, des bibliothèques paroissiales et des maisons d’enseignement. On désirait élargir les cadres de l’Association et accueillir toutes les bibliothèques dites « catholiques ». Et on adopta un nouveau nom : Association canadienne des bibliothèques catholiques, l’ACBC. Ce changement de constitution et de nom répondait au nouveau mandat que la nouvelle association désirait assumer. Et ce mandat coïncidait avec les idéaux que la société de l’époque véhiculait. C’est également sous la présidence du Père Boileau qu’eut lieu la première assemblée générale des membres et le premier congrès, le 1er décembre 1945.

1948 : L’Association canadienne des bibliothécaires de langue française (ACBF, ACBLF)

La deuxième étape de l’histoire de la bibliothéconomie francophone canadienne devait être brève. En effet, dès le mois d’octobre 1947, « Le comité spécial fut constitué avec mandat de travailler à la révision et à la refonte de la constitution ». Le 13 novembre 1948, la nouvelle constitution est approuvée lors d’une assemblée générale tenue à l’Université de Montréal. L’Association canadienne des bibliothèques catholiques devient l’Association canadienne des bibliothécaires de langue française, l’ACBF. En langage contemporain, on parlerait volontiers de déconfessionnalisation, même si les buts de la nouvelle association spécifiaient clairement que celle-ci devait « s’occuper des intérêts des bibliothécaires et des bibliothèques, au triple point de vue professionnel, culturel et catholique ». Et pour la première fois, un laïc est élu à la présidence, monsieur Raymond Tanghe.

ACBLF_69Ce n’est pourtant qu’en 1960, le 8 décembre, que cette association obtiendra des lettres patentes du gouvernement fédéral. Le nom de l’Association reste inchangé, mais le sigle acquiert un L et devient l’ACBLF. Cette fois, l’Association déclare poursuivre les mêmes buts et objectifs que la précédente, sauf que le caractère confessionnel catholique disparaît tout comme le qualificatif. Et alors, bon an mal an, grâce à une longue série de présidents et d’administrateurs tous plus dévoués les uns que les autres, grâce aussi à un vouloir-vivre collectif maintes fois manifesté par les membres, cette association poursuivra vaillamment son travail de promotion des bibliothèques canadiennes.

Pendant ce temps, la société québécoise et canadienne évoluait. Le Québec avait « vécu » ce qu’on a appelé sa révolution tranquille. Parallèlement, le petit monde des bibliothèques et des bibliothécaires évoluait lui aussi. « La création de la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec obligeait nécessairement l’ACBLF à se retirer d’un secteur important de la bibliothéconomie où elle avait joué un rôle important de suppléance et à délimiter son secteur avec plus de précision. L’arrivée sur le marché du travail d’une quantité considérable de bibliotechniciens, de spécialistes de l’audiovisuel et de l’informatique, d’une part; l’intégration dans les bibliothèques d’enseignement des différents supports de la documentation, d’autre part, exigeaient de l’ACBLF une ouverture du côté de la nouvelle bibliothéconomie et, éventuellement, un changement de nom pour que ces futurs membres puissent s’identifier à la nouvelle association. »

1973 : Association pour l’avancement des sciences et des techniques de documentation (ASTED)

Le nouveau Conseil de direction, présidé cette année-là par Marcel Hudon, décida de poursuivre cette réflexion et de créer une nouvelle Commission, chargée cette fois de réviser non seulement les objectifs mais également les structures. Présidée par Jean-Rémi Brault, elle réunissait sept autres collègues, dont Maurice Auger qui avait présidé la précédente Commission 5 et assurait ainsi un lien de continuité. Cette Commission remettait son rapport en août 1972.’ Ce rapport fut soumis à l’Assemblée générale des membres et accepté lors du congrès tenu à Québec,en novembre 1972.

Il convient de rappeler qu’une des principales recommandations de la Commission de révision des objectifs et des structures consistait à abandonner la charte fédérale de l’ACBLF, d’obtenir une charte québécoise, pour une nouvelle association qui s’appellerait dorénavant l’ASTED. C’est ce que les membres de l’Association ont accepté lors de l’Assemblée générale annuelle tenue à Québec.

Les recommandations de ce rapport acceptées, il restait à  les traduire dans la réalité. À cette fin, un groupe de travail se vit confier la tâche d’entreprendre les démarches qui pouvaient conduire à l’abandon de la charte précédente, à l’obtention d’une nouvelle charte, à la rédaction des règlements et règles administratives, à la dissolution de l’ACBLF et à la naissance de l’ASTED. En octobre 1973, les membres de l’ACBLF, réunis de nouveau en Assemblée générale, approuvaient les recommandations de ce groupe de travail.

Et le 31 décembre 1973, l’ACBLF cessait d’exister. L’ASTED, qui avait obtenu ses lettres patentes le 24 octobre 1973 et le savait fait enregistrer le 1er novembre 1973, commença d’exister légalement le 1er janvier 1974. Au terme d’une longue et complexe série de réunions, Jean-Rémi Brault était élu président de la nouvelle association.

enteteastedL’ASTED était née. Elle avait des structures, un secrétariat et surtout des membres dynamiques, compétents, ardemment désireux de faire progresser « leur » association, pour le meilleur bénéfice des bibliothèques. Les buts poursuivis par cette association et par ses membres, buts qui figurent à l’article 3 des présents règlements et règles administratives, sont toujours ceux que poursuit l’ASTED. Année après année, les conseils de direction et les conseils d’administration qui se sont succédés continuent de travailler sans relâche à l’implantation d’un réseau de bibliothèques, de centres de documentation et de centres d’information dans tous les milieux de notre société.

L’ASTED, comme toutes les associations, ne sera toujours que ce que les membres voudront qu’elle soit. Elle est et sera toujours le reflet de cette société et le résultat de la symbiose des efforts de la collectivité bibliothéconomique québécoise et canadienne.

 – Le Comité des règlements et règles administratives

Références

  • ACBLF (1971). Commission de révision des objectifs. Rappo 11, Montréal.
  • ACBLF (1972). Commission de révision des objectifs et des structures. Rapp 011, Montréal.
  • Brault, J.-R., Plouffe-Belleau, M. et Perron, H. (1973). « L’ASTED, un nouveau carrefour », dans Documentation et bibliothèques,.  XIX (4),  p. 146.
  • Chartrand, G.-A. (1973). « ASTED s’en vient » dans Nouvelles de l’ASTED, 75-76 ,  9-12.
  • Léveillé, J.-M. (1977). « Les  bibliothécaires canadiens français et leurs trente-deux ans de vie en association (ACBI-ACBLF-ASTED) » dans Livre, bibliothèque et culture québécoise; mélanges offerts à Edmond Desrochers. Montréal, ASTED, vol.ll.
  • Trudeau, P.A. (1945) « Notes historiques sur l’A.C.B.L. » dans La revue des bibliothèques, 1 (1), 4-5.
  • Trudeau, P.A. (1945) « Première assemblée générale de l’A.C.B.L. » dans La revue des bibliothèques, 1 (2), 12-14.